Origine des larmes
Les glandes lacrymales principales, situées à la partie supérieure externe de l'orbite
et les glandes lacrymales accessoires disséminées dans la conjonctive et les paupières.
La régulation de la sécrétion est mal connue, faisant intervenir des facteurs
humoraux, nerveux et psychiques.
Physiologiquement, la sécrétion lacrymale diminue vers la soixantaine.
Le film lacrymal
Les larmes se placent devant la cornée et la conjonctive, sous forme d'une très
mince pellicule.
L’élimination des larmes
Elle se fait selon trois voies :
- 1. Résorption au niveau de la cornée et de la conjonctive.
- 2. Evaporation : variable selon le climat, l'environnement, la taille de la fente
de la paupière, la fréquence du clignement....
- 3. Enfin, évacuation dans les voies lacrymales d’excrétion.
Les voies lacrymales d'excrétion
Elles comportent des petits canaux lacrymaux, les canalicules, situés à la partie
interne des paupières. Ils s'abouchent dans le sac lacrymal, qui se poursuit jusqu’à
la fosse nasale correspondante.
Le rôle des paupières
Il est essentiel
- Fermées, elles réduisent l'évaporation, compensant la réduction nocturne de
la sécrétion lacrymale
- Le jour, elles étalent, à la manière d'un essuie-glace, les différentes
composantes lacrymales. Le film pré-cornéen est instable, et sa répartition
est renouvelée par le clignement suivant
- Le clignement facilite également l'écoulement des larmes vers les voies
lacrymales d'excrétion.
Le rôle des larmes
- Défense contre l'infection notamment grâce à la présence de protéines
anti-bactériennes
- Participation à la nutrition et à l'oxygénation de la cornée
- Participation à la mise au point optique au niveau de la cornée.
La balance lacrymale
C’est l’équilibre obtenu en fonction des apports et des sorties.
On peut imaginer un lavabo avec les robinets (les apports) la vasque (la fente
palpébrale) et la vidange (les voies lacrymales d’excrétion).
Dans un larmoiement, l’équilibre est rompu.
Soit parce que les apports sont augmentés (robinet ouvert en grand) quelle qu’en
soit la cause.
Soit parce que les voies lacrymales d’excrétion sont obturées (la bonde de sortie est
bouchée …).
Rapidement le niveau de larmes va monter, puis déborder sur la joue.
Ce larmoiement disparaîtra lorsque l’on fermera le robinet ou lorsque la
“tuyauterie” sera débouchée grâce à une intervention chirurgicale.
Le syndrome sec oculaire est la rupture dans l’autre sens de l'équilibre : les
apports sont diminués.
Les mécanismes et causes sont très nombreux. Le syndrome sec oculaire peut
être associé à des maladies générales, comme dans le syndrome de Gougerot-
Sjögren ou secondaire à la prise de médicament.
Les examens pratiques
- Des techniques très performantes faisant intervenir le scanner ou l’IRM
permettent de visualiser les voies lacrymales et localiser les obstacles ou
anomalies présentes
- L’endoscopie nasale recherche des anomalies naso-sinusiennes susceptibles
d’interférer sur les voies lacrymales.
Les traitements
- Dans la grande majorité des cas le syndrome sec est bénin, sans risque
pour l'oeil. Le problème dominant étant l'inconfort.
- Le traitement varie avec le mécanisme de la sécheresse. Dans tous les cas les
“larmes artificielles” restent la base du traitement, avec un rythme d'instillation
variable en fonction de la gêne ressentie. Cette thérapeutique qui est la plus
simple possible suffit à soulager la grande majorité des cas. Elle présente
l'avantage d’une plus grande “souplesse” de prescription
- En règle générale, le traitement d'une sécheresse oculaire n'est pas
chirurgical
- Une voie d’avenir dans la prise en charge de certaines formes de rupture
de la balance lacrymale est représentée par l’endoscopie lacrymale
endocanaliculaire (examen de l’intérieur des petits canaux lacrymaux)
- Une approche alternative est également discutée en terme de complémentation
alimentaire. En effet, des équipes ont mis en évidence, dès les
années 1980, un lien entre le déficit en prostaglandines de type E1 et les
syndromes secs.
C’est pourquoi certains auteurs préconisent l’administration d’acides gras
essentiels, précurseurs de la prostaglandine E1 ainsi que d’acides gras de type
Omega 3 (issus d’huile de poisson) associés à des vitamines B6 et C dans
l’objectif d’augmenter la production de larmes.
D’autres auteurs ont mis en évidence le rôle d’anti-oxydants (vitamine A, C et E) sur
l’amélioration de la qualité des larmes et la stabilité du film lacrymal.