Opération du glaucome réfractaire
Madame, Mademoiselle, Monsieur,
Vous souffrez d'un glaucome réfractaire. Votre ophtalmologiste
vous propose une opération qu'il estime constituer le seul
moyen d'espérer conserver votre vision.
Cette fiche contient l'information sur l'opération qui
vous est proposée, sur ses résultats et sur ses
risques.
Le glaucome réfractaire
Cette maladie de l'oeil atrophie progressivement le nerf optique.
Elle détériore insidieusement le champ
visuel avec menace de cécité.
Parmi ses multiples causes, la plus fréquente et la plus
importante est l'existence d'une pression trop élevée
dans l'oeil. Le glaucome est dit réfractaire lorsqu'il
échappe à tout traitement habituel.
Pourquoi faire une opération particulière ?
En laissant votre glaucome évoluer, la cécité
est inéluctable à court terme. Une opération
classique n'étant plus possible, votre ophtalmologiste
va devoir recourir à des techniques plus complexes et plus
risquées pour abaisser la pression. C'est à ce prix
que l'on peut espérer conserver une vision et réduire
la douleur.
L'opération
Elle est réalisée en milieu chirurgical et le plus
souvent sous microscope. Elle représente un geste chirurgical
majeur car elle consiste soit à ouvrir l'oeil pour y placer
une valve, soit à affaiblir certains tissus pour abaisser
la pression.
Hospitalisation : l'opération nécessite
une immobilisation de quelques heures à quelques jours
selon la technique employée. Votre mode d'hospitalisation
vous sera proposé par votre ophtalmologiste en accord avec
le médecin anesthésiste.
Anesthésie : L'oeil peut être insensibilisé
par des injections de produits anesthésiques au voisinage
de l'oeil ou par des gouttes. Il peut être nécessaire
de recourir à une anesthésie générale.
Le choix résulte de l'avis de votre ophtalmologiste et
de celui du médecin anesthésiste. Ce choix prend
en compte votre souhait lorsque cela est possible.
Technique opératoire : elle diffère selon le type
d'opération envisagé par votre ophtalmologiste.
On distingue :
- Les opérations par laser, par ultrasons ou par application
de froid. Une sonde est appliquée sur l'oeil à la
limite de la cornée, et les ultrasons, la lumière
laser ou le froid sont dirigés vers les tissus à
détruire. Malgré l'anesthésie, des douleurs
peuvent être ressenties. Plusieurs séances peuvent
être nécessaires pour obtenir un résultat.
- Les opérations par mise en place d'une valve nécessitent
une anesthésie plus complète et l'usage d'un microscope
opératoire. Une valve en plastique est insérée
et sert de soupape. La pression est ainsi abaissée.
Complications pendant l'opération :
- Les anomalies découvertes par le chirurgien lors de la
mise en place d'une valve peuvent l'obliger à réaliser
une opération plus complexe, voire à renoncer à
l'opération
- Une hémorragie peut se produire qui, en général,
se résorbe en quelques jours. Dans des cas très
exceptionnels elle peut aboutir à la perte de la vision
ou de l'oeil.
De telles situations sont imprévisibles.
L'évolution postopératoire habituelle
Dans la très grande majorité des cas l'oeil opéré
est peu ou pas douloureux. L'inflammation est fréquente.
La vision ne va pas s'améliorer et sera au contraire souvent
un peu moins bonne pendant quelques jours ou quelques semaines.
Les soins sont réduits à l'instillation de gouttes
ou à l'application d'une pommade et à la prise éventuelle
de comprimés. Le port d'une protection oculaire peut être
utile les premières semaines. Votre ophtalmologiste vous
indiquera les modalités de ce traitement.
La surveillance de la pression oculaire sera un temps essentiel
du suivi médical. Une nouvelle intervention pourra être
envisagée rapidement si la pression reste élevée.
Les complications de la chirurgie du glaucome réfractaire
L'opération du glaucome réfractaire n'échappe
pas à la règle générale selon laquelle
il n'existe pas de chirurgie sans risque. Il n'est pas possible
à votre ophtalmologiste de garantir formellement le succès
de l'opération. S'agissant d'une opération exceptionnelle
dont le seul but est de conserver un oeil condamné, le
seul abaissement de la pression est un succès.
Les complications graves de l'opération sont fréquentes.
Elles peuvent aboutir à la perte de toute vision, voire
à la perte de l'oeil.
L'atrophie de l'oeil est la complication la plus grave. Elle
est irrémédiable et s'accompagne toujours d'une
perte totale de la vision. L'ablation de l'oeil atrophié
peut être nécessaire.
La persistance d'une trop forte pression peut nécessiter
une réintervention.
Des infections touchent 2 % des cas pour les valves.
L'oedème de la cornée.
Le déplacement de la valve est fréquent.
Votre ophtalmologiste est disposé à
répondre à toute question complémentaire
que vous souhaiteriez lui poser.
Les dispositions réglementaires font obligation
au médecin de prouver qu'il a fourni l'information
au patient. Aussi vous demande-t-on de signer ce document
dont le double est conservé par votre médecin.
Je soussigné .................................................................................................
reconnais que la nature de l'intervention, ainsi que ses
risques, m'ont été expliqués en termes
que j'ai compris, et qu'il a été répondu
de façon satisfaisante à toutes les questions
que j'ai posées.
J'ai disposé d'un délai de réflexion
suffisant et
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| Ces fiches nationales ont été
créées sous l'égide de la Société
Française d'Ophtalmologie (SFO) et du Syndicat National
des Ophtalmologistes de France (SNOF).
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